Ponte a Mare

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ponte a mareLa date précise de construction de ce pont nous est inconnue. Il esttoutefois certain qu’il existait déjà en 1333, puisque le conseil communal délibéra de le restaurer. Il était souvent désigné comme Ponte novo della Degazia (Pont Neuf de la Douane), en référence aux douanes qui étaient proches; Ponte della Degazia del Mare (Pont de la Douane de la Mer), puisqu’il se situait au niveau de la porte des douanes de la mer ; ou encore Ponte di Ponte, en référence au quartier de Ponte, sur lequel le pont s’appuyait. Plus généralement, le nom de Ponte a Mare fut le plus diffus, puisque effectivement ce pont était le plus occidental de la ville, et donc plus proche de la mer.

Des problèmes de résistance se présentèrent assez rapidement : le bois de peuplier qui formait la chaussée, reposant sur des piles de pierre, se révélait trop faible structurellement. Le pont fut donc entièrement reconstruit en pierre en 1355.

Comme le pont de Spina, ce pont qui était situé à l’extrémité de la ville était doté de chaînes qui courraient dans l’eau et permettaient de fermer le passage à toute tentative d’invasion par le fleuve. Par ailleurs, suite à la transformation de l’Arsenal de la République en Citadelle à la fin du XIVème siècle, le pont acquit progressivement une fonction défensive, et fut petit à petit militarisé. C’est ainsi qu’avec l’occupation florentine, après 1405, il fut clôt aux civiles.

Dans cette très ancienne image de Pise, on remarque le Ponte a Mare, qui enjambe l’Arno. L’enceinte de couleur blanchâtre, au premier plan, est celle qui protégeait l’Arsenal, tandis que les remparts eux-mêmes sont de couleur rose. On remarque les tours qui surveillent l’entrée du pont, et les bateaux qui naviguent sur le fleuve.

En 1415, il fut nécessaire d’investir de fortes sommes d’argent pour la réfection du pont, qui versait en piteux état. Il semble que ce soit Filippo Brunelleschi, grand architecte florentin, acteur fondamental de la Renaissance italienne, qui ait travaillé à la réfection du pont et de la Citadelle, autour de 1426. Durant ces années furent érigées des tourelles sur les piles du pont. Le pont se transforma donc définitivement en structure militaire, à l’image du pont de la Forteresse.

Au-delà de son rôle défensif fondamental, ce pont était indispensable à la vie économique de Pise. Il mettait en effet en relation les deux rives du fleuve au niveau de l’Arsenal (rive droite), et du Canale dei Navicelli (rive gauche), deux infrastructures essentielles au lien entre Pise et la mer, et donc primordiales pour la richesse de ses habitants.

 

Les malheur du pont à du quinzième siècle à nos jours

Lors de la révolte de Pise et du second siège florentin, entre 1494 et 1509, le pont fut mis à mal par l’artillerie florentine : il n’était plus possible de le garder correctement. Les nouveaux maîtres de la ville durent effectuer d’importants travaux de restauration, dès 1513. Toutefois, le lit du fleuve étant particulièrement large à cet endroit, les travaux furent très complexes. Ce n’est qu’en 1634 que, après de nombreux essais de consolidations, le grand-duc de Toscane décida d’abattre le pont et de le reconstruire entièrement. Cependant, une série de fortes crues mit à rude épreuve le nouveau pont. En 1768, l’arc central s’écroulât effectivement et le pont dut être à nouveau fermé.

Il semble que ce pont eut un aspect asymétrique: supporté par quatre piles, l’avant-dernier arc avant la tour de la citadelle était plus aigu, déterminant une pente plus marquée vers la rive droite que vers la rive gauche.

En 1869, une forte cru emporta trois des cinq arcs du pont. Il était urgent de reconstruire, car la ville n’avait plus à disposition que deux ponts : celui de la forteresse et Ponte di Mezzo. Une passerelle provisoire en bois fut appuyée sur les piles restée debout, mais la veille de l’inauguration, elle fut emportée par une tempête de Libeccio… Ce fut le dernier épisode de la vie du Ponte a Mare.

Successivement, la municipalité dut doter la ville d’un nouveau pont, légèrement en aval de l’ancien Ponte a Mare. Ce léger glissement rendit nécessaire la création d’une nouvelle voie d’accès au pont : un nouvel axe routier mettait désormais en relation la Via Aurelia avec la ville. C’est donc en 1878 que fut inauguré le « Pont de Fer », large 5.5 mètre, dont 0.75 m de chaque côté pour les piétons. Il s’agissait donc plutôt d’une passerelle carrossable, qui coûtât fort cher, et qui fut également détruite en 1944 lors de la retirée allemande. Dès 1958 fut érigé, en son lieu, le Ponte a Mare Nuovo, projeté par Giulio Krall, et toujours existant.

 

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